L’Immigration and Customs Enforcement (ICE) : police politique de Trump

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La police

En 2025, elle a causé la mort de 32 personnes. Mais ce sont les exécutions en 2026 de deux activistes blanc·hes à Minneapolis qui ont provoqué une vague inédite de réactions. Cela en dit long sur notre tolérance à la violence tant qu’elle touche les autres. Selon le chercheur Lee Morgenbesser, l’ICE revêt les caractéristiques des polices secrètes des États autoritaires : elle vise les opposant·es et les dissident·es, n’est pas contrôlée par d’autres agences de sécurité et répond directement au chef de l’État, l’identité de ses membres et ses opérations sont secrètes, elle se spécialise dans la surveillance et l’espionnage politique et pratique des fouilles, arrestations et interrogatoires arbitraires, des détentions à durée indéterminée, des disparitions et de la torture.


L’ICE existait bien avant Trump, elle est une suite directe du National Security Act, en réaction aux attentats du 11 septembre 2001. Elle déporte et tue depuis longtemps : l’administration Obama est par exemple responsable de 3 millions de déportations. En revanche, l’ICE est indéniablement devenue plus massive et plus visiblement violente. Et surtout, un outil de propagande du régime trumpiste.


Minneapolis fait partie des villes dites sanctuaires, cela signifie que les autorités communales ne collaborent pas activement avec la police de l’immigration. Le fait que l’État social y fonctionne et que les personnes immigrées sans documents soient protégées est un affront direct au trumpisme. Cela contredit par les faits le discours sécuritaire et la rhétorique de l’ennemi de l’intérieur. La fonction gestapiste de l’ICE n’est que la cristallisation des rapports de force sous la nouvelle administration américaine. Le message envoyé par ICE ne s’adresse pas qu’aux personnes immigrées, mais bien à toutes les personnes attachées à la démocratie et à l’État de droit.


Glissement rapide vers le fascisme
Ce qui a été accéléré par le retour de Trump au pouvoir repose sur une tolérance à la violence qui a augmenté sur les années. Être indifférent·e à la violence tant qu’elle touche des personnes jugées dangereuses simplement parce qu’elles ne font pas partie de la communauté nationale est un grave précédent.


Et soyons honnêtes, nous y sommes déjà. La politique suisse des expulsions est brutale, l’UDC est en passe de convaincre le Parlement d’autoriser l’échange d’informations entre les assurances et les autorités migratoires, ce qui mettra des milliers de personnes sans-papiers en danger. Les lance-grenades utilisés par ICE contre les manifestant·es sont fabriquées par l’entreprise B&T de Thoune.


Qui ne veut laisser un millimètre aux fascistes doit radicalement refuser la rhétorique sécuritaire de l’ennemi de l’intérieur. L’idée qu’il y ait des individus illégaux et les autres en est un élément substantiel. Plus l’autoritarisme avance, plus l’idée même que la terre est un bien commun et la liberté de mouvement un objectif politique devient subversive. Elle est pourant plus que nécessaire à l’avènement d’un monde débarrassé du fascisme.