La politique d'asile du PLR : extrêmement ferme et tout sauf juste !

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Stacheldrahtzaun

Deux jours seulement après que le Parlement européen a approuvé, le 26 mars 2026, le nouveau règlement européen sur le retour à la suite d’accords secrets entre les groupes de droite[1], les libéraux-radicaux demandent au Conseil fédéral de créer les bases légales pour la transposition de ce règlement : « À l’avenir, les demandeurs d’asile déboutés devront être placés dans des centres situés hors d’Europe, où ils attendront leur renvoi vers leur pays d’origine ». Ceci au nom de « procédures d’asile et de renvoi efficaces, […], afin de soulager le système d’asile national et les capacités d’hébergement ». Jusqu’à présent, le PLR menait sa campagne en matière de politique migratoire sous la devise «ferme, mais juste». Désormais, il ne reste plus que le «ferme».

 

La décision de principe du Parlement européen en faveur de tels centres de rétention situés en dehors du territoire de l’UE constitue, du point de vue des droits humains et du droit d’asile, une violation fondamentale d’un tabou : les demandeur·ses d’asile débouté·es doivent être expulsés depuis la frontière extérieure de l’UE et détenus dans des camps fermés jusqu’à ce qu’iels puissent être renvoyé·es dans leur pays d’origine ou de provenance. Iels se verront ainsi privé·es de liberté pendant une longue période, simplement parce qu’iels ont déposé une demande de protection et sans qu’aucun crime ne puisse leur être reproché. 

 

Les premiers essais pilotes menés par l’Italie pour mettre en place de tels centres en Albanie ont lamentablement échoué face à la résistance acharnée des juges italiens. Désormais, l’UE – et, avec Schengen, la Suisse également – devrait mettre en place des centres de rétention. Le PLR s’engage fortement en ce sens.

 

Les autorités de l'UE doivent encore trouver des réponses à certaines questions pratiques en suspens. Outre le financement des « return-hubs » en tant que tels – qui représentera sans aucun doute des sommes considérables –, elles devraient au moins convaincre un État non membre de l'UE de participer. Reste à savoir si cela réussira grâce à une politique de la carotte ou du bâton, ou si cela échouera en raison des demandes de paiement exorbitantes des pays concernés. Il en va de même pour la question de savoir si, comme le croit le PLR, cela aboutira finalement à des procédures d’asile plus efficaces et à un allègement de la charge pesant sur le système d’asile suisse et les capacités d’hébergement. Dans sa réponse, le Conseil fédéral estime que les centres de renvoi ne sont « pas juridiquement impossibles », mais il y voit « de nombreux obstacles et risques », raison pour laquelle il recommande au Parlement de rejeter la motion. C’est désormais au Conseil des États de se prononcer – affaire à suivre. 

 

[1] La décision du Parlement européen est d'autant plus explosive que le texte a non seulement été adopté avec le soutien de la droite, mais qu'il a également été coordonné avec elle au préalable. C'est ce qu'ont récemment révélé des recherches menées par l'agence de presse allemande dpa, qui ont notamment mis au jour des accords conclus dans un groupe de discussion en ligne ainsi qu'une rencontre en personne entre député·es. Le groupe du Parti populaire européen (PPE), dirigé par le politicien allemand de la CSU Manfred Weber, avait jusqu'alors toujours donné l'impression d'exclure toute collaboration avec des partis tels que l'AfD.